L’Ave Maria de Schubert joué à la hand flute tient dans deux paumes refermées : Ben the Handwhistler en tire la mélodie lente du lied, sans instrument, avec le seul souffle et le creux des mains comme caisse de résonance.
Voici la version Hand Flute de Ave Maria de Schubert, interprétée par Ben the Handwhistler.
La vidéo a été mise en ligne par Ben le 14 décembre 2008.
Un lied profane devenu chant sacré
Ce que l’on appelle l’« Ave Maria » de Schubert est à l’origine un lied profane : le compositeur autrichien l’a écrit sur un passage du poème La Dame du lac de Walter Scott, dans une traduction allemande, où l’héroïne Ellen adresse une prière à la Vierge. Le premier mot du chant a fini par donner son nom à l’œuvre, puis le texte latin de la prière a été posé sur la même mélodie. On l’entend aujourd’hui sous cette forme dans les mariages, les obsèques et les concerts de fin d’année.
La ligne mélodique se prête bien aux instruments à vent : des phrases longues, un ambitus modéré, un tempo lent qui laisse le temps de placer chaque note. Pour un siffleur de mains, ce sont des qualités précieuses, car la hand flute ne permet ni attaque nette ni changement de registre brutal.
Ce que la flûte à main change à la mélodie
Jouer de la flûte avec les mains consiste à souffler dans une petite ouverture ménagée entre les pouces, les doigts formant une chambre fermée. La hauteur du son dépend du volume d’air enfermé : en écartant ou en refermant les doigts de la main droite, le joueur monte ou descend la note. Le timbre obtenu rappelle celui d’un ocarina, rond et un peu voilé, ce qui convient au caractère recueilli de la pièce. Les gestes de départ sont décrits dans la méthode pour obtenir un premier son avec les mains.
Dans cette interprétation, le vibrato vient d’un léger mouvement des doigts qui couvrent l’ouverture, ce qui fait onduler la note tenue. Les fins de phrase sont adoucies plutôt que coupées, à la manière d’un chanteur qui reprend son souffle. Les notes les plus aiguës de la mélodie restent accessibles, alors que l’aigu marque souvent la limite d’un joueur de hand flute : sa tessiture dépend de la taille des mains et de l’étanchéité de la prise.
Ben the Handwhistler et ses reprises
Ben the Handwhistler s’est fait connaître en publiant des reprises de chansons populaires et de pièces classiques, toujours jouées à mains nues. L’Ave Maria fait partie de ses interprétations les plus calmes, à côté de titres de variété plus rythmés comme sa version de It’s Not Unusual de Tom Jones, où la flûte à main doit suivre un tempo bien plus vif.
Écouter et comparer les versions
L’intérêt de la vidéo tient au contraste entre une mélodie que tout le monde connaît et un instrument que presque personne n’a vu jouer. En l’écoutant après une version chantée ou jouée au violon, on mesure ce que la hand flute garde de l’original : la ligne, la respiration des phrases, la douceur. Elle perd en revanche l’accompagnement, puisque le joueur est seul et ne produit qu’une note à la fois.
Le duo japonais Childhood a montré une autre voie en associant la flûte à main à un piano, qui apporte l’harmonie que la mélodie seule ne peut pas porter ; leurs enregistrements sont réunis sur la page du duo Childhood, hand flute et piano.
Préparer ses mains avant de jouer la pièce
Avant de s’attaquer à cette pièce, mieux vaut maîtriser une gamme simple et savoir tenir une note sans qu’elle faiblisse. Les phrases de l’Ave Maria sont longues : il faut apprendre à respirer aux bons endroits, le plus souvent à la fin de chaque vers du texte. Travailler lentement, avec un enregistrement de référence, aide à placer les intervalles. Des mains bien au chaud et légèrement humides ferment mieux la chambre d’air et donnent un son plus stable.
Classé dans : Ben the Hand Whistler















