It's Not Unusual, le succès de Tom Jones, devient à la hand flute un exercice de rythme. Là où beaucoup de reprises à mains nues misent sur des mélodies lentes, Ben the Handwhistler choisit une chanson enlevée, aux notes courtes et au tempo soutenu.
Voici la version Hand Flute de It’s Not Unusual de Tom Jones, interprétée par Ben the Handwhistler.
La vidéo a été mise en ligne par Ben le 19 février 2011.
Une chanson de cuivres et de swing
It's Not Unusual a lancé la carrière de Tom Jones au milieu des années soixante. L'enregistrement original repose sur une section de cuivres très présente, une rythmique dansante et une voix puissante qui attaque chaque phrase. Le refrain, facile à retenir, est l'un des plus reconnaissables de la variété britannique de cette époque.
Transposer ce morceau à la flûte à main revient à confier à un seul souffle ce que faisaient une voix et un orchestre. La hand flute ne peut pas reproduire l'éclat des cuivres ; elle garde la mélodie et doit suggérer le rythme par la manière dont les notes sont détachées.
Détacher les notes sans langue ni clé
Sur une flûte à bec, on sépare les notes avec un coup de langue. Sur une hand flute, l'attaque est plus floue, car l'air passe par une ouverture formée entre les pouces et non par un bec. Pour obtenir des notes courtes et nettes, le joueur peut couper brièvement le souffle, ou ouvrir et refermer très vite la chambre d'air avec les doigts. Ces deux gestes demandent de la pratique, et c'est sur un morceau rapide comme celui-ci qu'ils se remarquent le plus.
Le tempo laisse peu de place aux respirations. Il faut repérer à l'avance les courts silences de la mélodie, souvent en fin de vers, et y prendre l'air sans casser l'élan. Une respiration mal placée décale tout le refrain.
Comparer avec les reprises lentes de Ben
Ce titre contraste avec les pièces plus calmes du même joueur. La ballade Only the Lonely de Roy Orbison met à l'épreuve les aigus et le vibrato ; ici, ce sont la précision rythmique et l'articulation qui comptent. Écouter les deux vidéos l'une après l'autre montre l'étendue de ce qu'une paire de mains peut faire, d'une mélodie tenue à une chanson presque dansante.
Kazoo, sifflement ou flûte à main
Une chanson aussi rythmée pourrait se jouer au kazoo ou en sifflant avec la bouche. Le kazoo transforme la voix en bourdonnement et garde la diction ; le sifflement buccal monte facilement dans l'aigu mais manque de rondeur. La flûte à main se distingue par un timbre doux, proche de l'ocarina, qui donne à une chanson de cuivres un caractère inattendu, presque intime. Les différences d'apprentissage entre ces pratiques sont détaillées dans le pas-à-pas pour obtenir un premier son avec les mains.
S'entraîner sur un morceau rapide
Pour aborder ce type de chanson, mieux vaut commencer bien plus lentement que l'original, en jouant la mélodie note par note jusqu'à ce que chaque intervalle tombe juste. On accélère ensuite par paliers, sans sacrifier la netteté. Un métronome aide à garder la régularité, surtout dans les passages où la mélodie répète une même note.
Filmer ou enregistrer ses essais permet de vérifier si les notes courtes restent audibles : à l'oreille du joueur, le souffle couvre souvent les défauts qu'un micro révèle. Le reste du répertoire et le parcours de ce joueur sont rassemblés sur la page de Ben the Handwhistler.
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